La boite à bulles - librairie de bandes dessinées
   
Vanyda
   
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  N?e ? Castelnaudary, Vanyda a suivi les cours d?Antonio Cossu ? l'Ecole des Beaux Arts de Tournai. A la fin de ses ?tudes, elle s'installe en atelier ? Lille avec 2 de ses comparses, David Boldwin et Fran?ois Duprat (avec lesquels elle avait cr?? l'?ph?m?re label Bom Bom Prod o? parurent les premi?res pages de L'Immeuble). En compagnie de ce dernier elle publie en ao?t 2003 son premier album couleurs, L'Ann?e du dragon, aux ?ditions Carabas.

Elle publie en janvier 2004, ? La Bo?te ? Bulles, le premier tome de L'Immeuble d'en face, ouvrage qui fait rapidement parler de lui et se retrouve s?lectionn? l'ann?e suivante ? Angoul?me. En 2010, le plus c?l?bre festival s'int?resse de nouveau ? son talent, cette fois pour la s?rie Celle que... aux ?ditions Dargaud.

L? o? nombre de jeunes auteurs imitent servilement les ma?tres nippons, Vanyda , ? d?sormais 30 ans, r?ussit ? d?velopper un style aussi pertinent que personnel et montre une capacit? ? faire bouger ses personnages hors du commun.
 
 
Liens de l'auteur


> Vanyda explique le pourquoi d'une Intégrale

> Interview sur France 3 Nord

> Vanyda sur Ouatch TV - Entrecase

> Vanyda sur CultureBD


Coup de coeur de l'auteur

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> L' Immeuble d'en face T.1
> L' Immeuble d'en face T.2
> L' Immeuble d'en face T.3
> L' Immeuble d'en face
> L'Année de... T.1
> L'Année de... T.2



> L'année du dragon T1 (Carabas)
> L'année du dragon T2 (Carabas)
> L'année du dragon T3 (Carabas)
> Celle que... T1 (Dargaud)
> Celle que... T2 (Dargaud)
> Celle que... T3 (Dargaud)
> Un petit goût de noisette (Dargaud )
> Valentine (Dargaud )

Images bonus


Autoportrait

Batrice de L'immeuble d'en face

Ex-libris de L'immeuble d'en face

Revue de presse
 
Ouest-France # 10 décembre 2010 par Christelle Guibert

Vanyda, dessinatrice qui sait conter

Vanyda Savatier est une prometteuse dessinatrice de La Nouvelle manga, courant de la BD qui regroupe des auteurs français et japonais soucieux de créer des passerelles entre les deux écoles. Cette Franco-Laotienne de 30 ans, nourrie aux séries nippones et aux aventures de Thorgal (de Rosinski), a développé un trait hybride très agréable à regarder.
Mais la force de son style réside dans la narration, son sens du découpage, ses pauses sur un visage, un geste qui donne du temps, du souffle. Dans sa trilogie L’immeuble d’en face, Vanyda croque avec justesse les gestes du quotidien des habitants, les petits bonheurs, les tensions dans l’escalier. La vie sans esbroufe. Nominé à Angoulême, primé aux États-Unis, L’immeuble d’en face vient de sortir en coffret (44,50 €, éditions La Boîte à Bulles).

 
ZOO #30 p.14 et 15 par Olivier Pisella

Vanyda, l’auteur des séries « L’Immeuble d’en face » et « Celle que… », est reconnue pour ses récits sensibles dépeignant finement les relations humaines. Elle nous explique en quoi la BD asiatique influence son travail.

Votre style de dessin est manifestement influencé par le manga. Comment et pourquoi en êtes-vous venue à adopter ce style ?

J'ai commencé à dessiner quand j'étais enfant, et à l'époque, je recopiais surtout les dessins animés que je voyais à la télé, pour la plupart d'origine japonaise : Les Chevaliers du Zodiaque, Les Samouraïs de l'éternel, Olive et Tom, Max et compagnie. Pour faire mes propres BD (vers 10 ans), cette influence s'est mélangée aux lectures de BD franco-belge que j'avais à l'époque comme Thorgal, Sambre ou les BD de Bilal. Mon style actuel de dessin découle donc tout naturellement de ces influences de jeunesse.

Quelles sont vos références en bande dessinée asiatique ?
La première BD asiatique que j'ai lue était Akira, et je me rappelle avoir été très marquée par le découpage de celle-ci. J'ai ensuite découvert un manga peu connu, Next Stop, dans le magazine Kameha,qui m'a aussi pas mal influencée au niveau du découpage et du rythme de narration. Tout comme les mangas de Mitsuru Adachi, ou ceux de Taiyo Matsumoto d'ailleurs. Puis sont venus les auteurs comme Ai Yazawa, Kiriko Nananan, Mari Okazaki (Complément affectif), ou même Fuyumi Soryo (Mars, ES)...

Par quels aspects cette influence asiatique se manifeste-t-elle plus particulièrement dans vos ouvrages ?
Je pense qu'en plus d'une pointe de graphisme "à la manga", c'est surtout par le découpage et la narration que l'influence se fait le plus ressentir. Le rythme de narration et la façon de mettre les personnages en avant sont un héritage de ces lectures-là. Les dessins animés tirés de manga intimistes et / ou "sentimentaux" m'ont aussi pas mal influencée dans le sens où ils mettaient en scène ce genre d'histoires, qui étaient très rares en BD franco-belge avant les années 90.

Les appellations du type "mangaka à la française" (qu'on emploie souvent pour vous), ne sont-elles pas un peu stigmatisantes ?
En aucun cas le fait d'avoir des influences asiatiques dans mes bandes dessinées n'a été un handicap ou un frein pour la publication ou la rencontre de mes albums avec le public. Cette double influence a toujours été pour moi un plus et je ne renie en aucun cas cette filiation. Au contraire, cela m'a permis de toucher un plus large public.

L'adolescence semble être votre thème de prédilection. Pourquoi ?
Je ne pense pas que l'adolescence soit mon thème de prédilection, la preuve dans L'Immeuble d'en face, qui couvre plusieurs tranches d'âge. Si j'ai choisi de développer ce passage à l'âge adulte dans Celle que..., c'est parce que je pense que cette période de la vie est très riche en interactions déterminantes dans le parcours de quelqu'un. J'avais envie de montrer à quel point les rencontres, surtout les moins voulues (quand on change de classe et d'environnement direct) peuvent nous faire évoluer.

L'Immeuble d'en face s'attache aux figures d'une femme à différents âges de sa vie (20, 30, 50 ans) : autant pour Claire, l'héroïne de 20 ans, on peut imaginer que vous vous inspirez plus ou moins de votre propre vie et de votre entourage, mais quid des autres ?
Hé hé, j'ai aussi dans mon entourage des personnes de 30 ou 50 ans ! En fait c'est surtout de l'observation, mais je ne pense pas me cantonner aux figures de femmes, même s'il est vrai que c'est plus facile pour moi de les mettre en scène. Quand j'étais enfant, j'étais très timide et j'ai beaucoup observé les gens autour de moi (les adultes surtout, qui me fascinaient, les mamans qui discutaient beaucoup à la sortie de l'école). On dit souvent que le manga s'attache davantage à la psychologie des personnages que ne le fait la BD franco-belge traditionnelle. J'ai l'habitude de dire qu'en BD franco-belge c'est souvent une aventure vécue par des personnages, alors que dans les mangas, ce sont avant tout des personnages... qui vivent une aventure. Par cet aspect-là, je me sens proche du manga, car chaque personnage a sa personnalité bien étudiée (souvent un groupe de personnes, avec chacun sa caractéristique pour pouvoir plaire à tous les publics). A partir du moment où l'on s'attache a un personnage, je pense qu'on peut lui faire vivre n'importe quel genre d'aventure (ou de non-aventure), et le lecteur suivra.

Que pensez-vous du phénomène de la BD fusion en France ? Quels auteurs en sont représentatifs selon vous ? Peut-on parler, dans votre cas, de BD fusion ?
Je pense que le phénomène de BD fusion est assez normal, chaque génération d'auteurs est influencée par ceux qui les ont précédés et par tout ce qu'ils ont pu voir ou lire dans leur jeunesse. Tout le monde fait donc de la BD fusion. Il se trouve juste que ma génération subit l'influence des mangas de plein fouet. Outre Florent Maudoux, l'auteur de Freaks' Squeele, on peut penser à Patricia Lyfoung (La Rose écarlate), Antoine Dodé (Pierrot lunaire), Popcube (Constellation), Phillipe Cardona et Florence Torta (Sentaï School), ou même des auteurs bien connus comme Bastien Vivès ou Boulet. Tout ça, c'est "BD fusion" : BD franco-belge / manga, et même comics ! Et j'en fais partie, bien sûr (j'ai aussi comme influence des romans graphiques américains comme ceux de Daniel Clowes ou Adrian Tomine).

A l'inverse, pensez-vous que la BD asiatique commence à être influencée par la bande dessinée européenne, ou pas du tout ?
Je pense que, à part quelques rares cas, très peu d'auteurs asiatiques sont influencés par la bande dessinée franco-belge. Otomo, Taniguchi ou Matsumoto l'ont été, mais ça reste des exceptions.
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