La boite à bulles - librairie de bandes dessinées
   
CARON Sarah
   
 
 
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  Reporter-photographe domiciliée à Paris, Sarah travaille pour la presse française et étrangère. Elle a reçu plusieurs distinctions pour ses photographies et a exposé en France, à Moscou, New-York ou encore Rio. Le Pays des Purs raconte son séjour mouvementé au Pakistan.  
 
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> Le Pays des Purs




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Revue de presse
 
dBD Magazine par Frédéric Bosser

Qui de vous deux est à l'initiative du livre ?
Hubert Maury : Moi ! Le Pays des purs adapte en BD une partie du livre que Sarah a publié fin 2010 chez Jean-Claude Gawsewitch, Le Pakistan à vif. En le lisant, j'ai pensé à la Jeannette Pointu de Wasterlain. Comme je dessine depuis tout petit [il a réalisé des bandes dessinées pour Spirou dans les années 2000], je lui ai proposé de l'adapter sur ce support. Si elle a accepté tout de suite, nous ne nous y sommes vraiment mis qu'en 2014.
: Si je ne connaissais pas Jeannette Pointu, cet univers illustré m'est familier car je lis des BD depuis toute petite. Mes parents en possédaient beaucoup et, plus tard, j'ai été une fidèle de la librairie Bulle à Bordeaux. Pour en revenir à sa proposition, j'ai aimé son approche visant à donner un aspect épique à cette histoire vraie. Il ne voulait pas tomber dans le glauque, le tragique, le dramatique... Sans cela, je n'aurais jamais accepté de m'y replonger dix ans après. Je n'avais pas envie de refaire la même chose que mon livre.
HM : Ces événements ont été très douloureux pour Sarah et je comprends qu'elle n'ait pas eu envie de les revivre des années après.
SC : Notre cerveau a cette capacité d'oubli des mauvais moments et c'est tant mieux ! Même si on montre des instants tragiques, ça reste joyeux avec beaucoup de pointes d'humour. C'est bien aussi de parler de ce pays que je connais mieux pour y être souvent retournée depuis, de manière plus légère. On s'est fait plaisir...
HM : N'oublions pas que le document de base est le livre de Sarah qui, lui, est très précis car il est fait à partir de ses notes prises sur le terrain au moment où elle réalise les photos.
Est-ce un livre politique ?
SC : Je dirais plutôt géopolitique, avec en plus le quotidien du photographe en perpétuelle recherche d'infos et de contacts pour arriver à rencontrer les acteurs importants des événements qui se présentent à lui.
HM : On aurait aimé dire qui a fait assassiner Benazir Bhutto, sauf qu'on ne le sait toujours pas. On a juste de forts soupçons sur son mari, Zardari.
SC : C'est aussi mon ressenti et on le laisse deviner dans le livre. Toutes les preuves officielles ont disparu. Récemment, une personne proche de Zardari a confirmé cette version qui va dans le sens du ressenti de la grande majorité de la nation pakistanaise...
Hubert, la connaissance de ce pays vous a-t-elle aidé ?
HM : Grandement ! C'est un pays que je connais bien pour y être resté trois ans. Ces événements, je les ai aussi vécus de l'intérieur, mais pas de la même manière. (Rires.)
Sarah, vous avez toujours voulu faire des reportages sur le terrain ?
SC : Depuis mes 17 ans ! Le Pakistan, je m'y suis retrouvée après un séjour dans un pays voisin, le Népal, pour un reportage sur les Gurkhas, des guerriers népalais formés par les forces britanniques pour lutter contre les talibans en Afghanistan. Quand j'ai appris l'état d'urgence au Pakistan, j'ai foncé... Et cela m'a permis de vivre les événements de l'intérieur.
Dans la BD, vous semblez ne jamais avoir peur...
SC : Si on y pense, on ne peut rien faire... J'essaie de ne pas me laisser accaparer par la peur.
HM : Précisons que ce n?est pas un pays en guerre ou en proie à une guerre civile. Il y a ici et là des révoltes et des attentats, dont celui qui va causer la mort de Bhutto.
Votre chance, c'est de vous retrouver assignée à résidence involontairement avec Benazir après avoir réalisé son portrait... Ce passage est passionnant.
SC : Je suis entrée dans son intimité et celle de son entourage pendant les jours qui ont suivi. Il faut de la chance dans ce métier et ne pas hésiter à la provoquer. Sur place, j'ai de manière générale eu l'opportunité de rencontrer des personnes qui se sont toujours montrées très correctes avec moi malgré les événements et l'urgence de la situation.
HM : L'hospitalité des Pashtouns n'est pas légendaire. Je pense aussi que le fait que Sarah soit une femme est un atout. Les locaux sont moins méfiants que vis-à-vis d'un homme. Idem en diplomatie...
SC : Très souvent, j'ai en effet eu l?impression de ne pas être vue comme une femme à part entière. Comme vous êtes une Occidentale qui se trouve sur place pour travailler, on vous protège et on ne vous voit pas d?un mauvais oeil. En fait, on vous respecte et on vous laisse faire votre vie comme si vous étiez un mec. C'est aussi peut-être pour cette raison que mes contacts sur place ne me baladent pas et sont fiables.
Sarah, ça vous fait quoi d'être une héroïne de bande dessinée ?
SC : Quand j'ai vu comment Hubert m'a représentée, cela m'a fait éclater de rire ! C'est assez curieux comme sensation de voir l'histoire que j'ai vécue incarnée par un personnage dessiné qui me ressemble... mais qui m'échappe aussi, parce qu'il s'anime selon la vision d'Hubert et les codes propres à la bande dessinée.
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