La boite à bulles - librairie de bandes dessinées
   
A.Dan
   
 
 
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  Daniel ALEXANDRE, A.DAN, est né en 1970 à Toulouse, non loin des Pyrénées. Il vit actuellement au cœur des Vosges Saônoises, toujours à proximité des montagnes. Après de longues études scientifiques en éthologie,il s'essaye à réaliser un vieux rêve de gosse: vivre du dessin. Pro' depuis 2002, c'est d'abord dans l'illustration qu'il se fait la main: autour de la Nature, avec quelques incursions dans le fantastique, mais toujours en forêt.
En 2008, il publie son 1er album BD. Mais c'est surtout en rencontrant le scénariste Laurent Galandon, chez Bamboo que le véritable déclic a lieu. Ce sont les récits engagés qui l'attirent (des vies bouleversées par la guerre d'Algérie, celle de 14-18). S'en suit un récit avec Maximilien Leroy au scénario pour le Lombard avec "Thoreau, la vie sublime". Encore une fuite en avant vers la nature, la philosophie, le récit militant.
Daniel se voit attribuer l'étiquette d'auteur historique, à quoi il préfère répondre engagement pour des écrits qui ont du sens. A l'Histoire, avec un grand "H", il préfère l'histoire des anonymes, tiraillés par les circonstances historiques.
Mais la Nature est toujours tenace, et l'occasion se présente d'effectuer un voyage au Congo-Brazzaville, tout début 2014: il suivra une équipe de primatologues français spécialistes du gorille des plaines de l'ouest de l'Afrique durant 2 mois pour en tirer un reportage dessiné.
 
 
Liens de l'auteur


> Interview d'A.Dan sur Radio Campus Rennes - Le Labomatic

> Interview d'A.Dan sur France TV Infos - France 3 R?gions

> A.Dan et "Des Gorilles et des Hommes" sur 20 minutes.fr

> Interview sur TV Rennes - 02/02/16

> Interview d'A.Dan pour France 3 Bretagne le 04/03/2016

> Interview d'A.Dan pour radio campus Rennes - partie 1

> Interview d'A.Dan pour radio campus Rennes - partie 2

> Reportage pour l'exposition Des gorilles et des hommes au Diapason

> Interview sur France Inter - Le temps d'un bivouac # 4 août 2016

> A.Dan et Céline Genton, invités cultures de RFI


Coup de coeur de l'auteur

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> [Carnet de voyage] naturaliste au Congo Brazzaville



> Jo-Bo (P&T Production )
> Tahya El-Djazaïr (Bamboo )
> Pour un peu de bonheur (Bamboo )
> Thoreau, La vie sublime (Le Lombard )

Images bonus



Revue de presse
 
Casemate #78 par Paul Giner

ENTRE GORILLES ET ARAIGNEES
Pendant sept semaines, le dessinateur A.DAN s'est immergé au fin fond de la forêt équatoriale congolaise. Gorilles, éléphants, poissons parlants, araignées géantes, virus Ebola ou encore braconnage furent au programme d'une aventure humaine et scientifique hors du commun.

Paul Giner : Votre première rencontre avec un gorille ?
A.DAN : Ces animaux n'apparaissent pas sur demande. Au bout d'un dizaine de jours sans en avoir vu le bout d'un, je commençais à désespérer. Céline m'a consolé en me disant qu'elle avait déjà passé un ou deux mois sans en voir un seul. Puis, un jour de brume, j'ai aperçu la silhouette fantomatique de l'un d'eux. En tout, nous aurons sept ou huit contacts avec les gorilles - une trentaine d'animaux au total -, une quinzaine avec les éléphants.

P.L : Vous observez Sergio, vénérable gorille trentenaire, calme et serein.
A.DAN : Un bestiau de 200kg particulièrement placide, dont le groupe s'est approché près du mirador des scientifiques, une grosse cabane de 4 x 3 mètres, d'où nous observions la saline de Romani, une clairière humide fréquentée par les animaux. Une petite femelle gorille s'est approchée à une quinzaine de mètres de l'affût. J'ai cru la voir sourire. Il ne faut pas s'y fier ! Contrairement à l'homme, quand un animal montre les dents, c'est signe de stress ou de méfiance plutôt que de satisfaction.

P.L : Une confrontation directe avec un singe ou un fauve est-elle vraiment quasi sans risque ?
A.DAN : Oui, alors que rencontrer un éléphant est extrêmement dangereux. Notre vision d'Occidental nous fait croire l'inverse. Ainsi, les hippopotames, sous leurs airs calmes et bouboules sont l'une des premières causes d'incidents avec l'Homme en Afrique. [...]

P.L : Vous étiez confronté à Ebola...
A.DAN : Ebola existe das la nature depuis toujours, diffusé par des porteurs sains, comme certaines chauves-souris. Braconnage de signes malades, commercialisation de leur viande de brousse, divers facteurs peuvent expliquer la propagation du virus. Pour notre sécurité, nous avions interdiction de toucher aux cadavres d'animaux. Pour les analyses ADN, les scientifiques prélevaient les crottes de gorilles à l'aide de gants et de baguettes. Manipuler une crotte avec le bout d'une machette m'a valu une belle engueulade. [...]

P.L : Comment est perçue l'aide internationale ?
A.DAN : Quelques temps après mon départ, des Africains se révoltaient contre Médecins sans frontières ou des ONG équivalentes, persuadés qu'elles volaient les âmes dans les centres de soin ou qu'elles commercialisaient les organes des victimes d'Ebola. C'est choquant, difficile à comprendre d'emblée pour un Occidental. Depuis mon séjour, je vois ces croyances abec un regard, un jugement différent.

P.L : Peu après votre séjour, des incidents éclatent et poussent le personnel au départ. Que s'est-il passé ?
A.DAN : Des rebellions. En 2013, Mathieu, chef de la LAB, a lancé d'importantes opérations contre les braconniers, arrêtant plusieurs chefs de la pègre locale. Je présume que les braconniers ont répondu en prenant les armes. Dans ce milieu forestier, il suffit de peu pour que les choses s'embrasent. Si l'esprit colonial n'est plus là, la plupart des postes à responsabilité sont occupés par des Blancs. "C'est comme ça", disent nombre de Congolais. [...]

 
Vosges Matin par

Vosges Matin : A.Dan, quel est votre parcours ?
A.DAN : J’ai une formation en biologie (éthologie et faune sauvage) et un Brevet de Technicien Supérieur, gestion forestière. En arrivant dans l’Est de la France, ne trouvant pas de boulot en rapport avec ma formation, j’ai décidé de prendre au sérieux mon rêve de gamin. Depuis 2002 je suis artiste-auteur, j’illustre et dessine de la BD.

Vosges Matin : Vous êtes parti au Congo sur les traces des oreilles en revenant armé d’un superbe carnet de voyages « Des gorilles et des hommes ». Dessiner les espèces menacées est-il un moyen d’alerter la conscience collective ?
A.DAN : Non, pas réellement, même si je suis sensible à cette problématique. Les gorilles sont emblématiques mais mon périple tient du hasard. Je cherchais un sujet pour faire un reportage. Un ami scientifique m’a parlé d’une mission au Congo sur le gorille. Je n’ai pas hésité.

Vosges Matin : Il y a un monde, non, entre votre formation scientifique et rigoureuse et le dessin d’animaux imaginaires ?
A.DAN : Oui et non. J’ai commencé professionnellement à dessiner pour les scientifiques. Maintenant je fais de la BD, j’avais envie de boucler la boucle. Je travaille actuellement à une BD de fiction qui se nourrit de ce que j’ai vu là-bas et qui parlera aussi du travail des scientifiques sur fond de braconnage et de sorcellerie.

Vosges Matin : Comment procédez-vous pour dessiner les animaux ?
A.DAN : J’ai pris énormément de photos sur place pour finir de dessiner au retour ou encore parce qu’il n’était pas facile de percevoir un animal trop furtif. Pour les gorilles, j’ai fait pas mal de croquis sur le vif, après avoir pris le temps de les observer, comprendre comment ils bougent…

Vosges Matin : Y a-t-il des espèces plus difficiles à dessiner que d’autres ? Rêvez-vous de rencontrer une espèce plus particulièrement ?
A.DAN : Je ne sais pas si certains sont plus durs. Les oiseaux bougent parfois beaucoup quand ils sont au sol et peu quand ils sont perchés… Sinon je rêve de rencontrer des espèces imaginaires, mais ça, aucun scientifique ne travaille dessus que je sache. Plus sérieusement, le loup oui, j’aimerais assez.

Vosges Matin : A l’heure de la photo numérique, quelle est aujourd’hui la force du dessin animalier et du dessin en général comme moyen de communication ?
A.DAN : Je ne me vois pas comme un dessinateur animalier. Ce que j’aime par dessus tout, c’est raconter des histoires. Le numérique est un outil supplémentaire même si je fais partie de ceux qui aiment sentir le papier, l’odeur de l’encre, les tâches sur le support… Recréer une ambiance en photo n’est pas toujours évident. Par exemple, quand j’ai vu un vol de lucioles se lever dans l’herbe, il m’a semblé que le ciel étoilé se reflétait sur le sol, j’ai immédiatement pensé qu’un dessin serait plus approprié qu’une photo.

Vosges Matin : Comment avez-vous vécu les évènements de Charlie Hebdo ?
A.DAN : Tous les dessinateurs ont été touchés, que ce soit en BD, en illustration, dessin de presse, scénaristes… Nous avons tous eu du mal à travailler après le massacre. Ça a été un choc, une révélation ou même une confirmation : dessiner tue ! Nous sommes des raconteurs de choses, des gens de paroles, de messages du plus modeste au plus engagé parfois. De tels actes donnent plus de sens à nos démarches, du moins je crois. Ça donne envie de continuer plus encore.