La boite à bulles - librairie de bandes dessinées
   
ROY William
   
 
 
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  Dessinateur autodidacte, William Roy est né le 14 février 1976 et réside actuellement à Paris. Après des études de sciences puis d’audiovisuel, il devient monteur et réalisateur de documentaires et de fictions en 2001.
Parallèlement à sa carrière, il entretient sa passion de la bande dessinée en griffonnant quelques histoires et un blog BD aujourd’hui en jachère.

Mais c’est en 2009, avec le début du long parcours de la FIV, qu’il se lance véritablement dans son premier album. Celui-ci commence avant tout comme une nécessité, un défouloir pour parvenir à surmonter les difficultés.

Puis, petit à petit, l’envie de partager cette histoire pour soutenir ceux qui la vivent aussi lui permet d’aboutir à la publication de son tout premier album : De Père en FIV.
 
 
Liens de l'auteur


> Interview de William Roy sur le Blog de l'Assistance Médicale à la Procréation.

> Interview de William Roy sur Ourinfertility

> Interview de William Roy par Le Magazine de la Santé sur France 5

> Interview de William Roy par Estelle Métrot de 1001 Fécondités

> Interview de William Roy par Romain Delannoy sur GBD


Coup de coeur de l'auteur

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> De Père en FIV




Images bonus



Revue de presse
 
BDCaf'mag par

De père en FIV paru à la Boîte à Bulles raconte l’histoire vraie d’un couple qui décide, faute de pouvoir faire autrement, d’avoir recours à la fécondation in vitro pour avoir un enfant. Cette histoire à la fois très personnelle et également universelle nous a touchés. Rencontre avec l’auteur, William Roy.

BDCAF’MAG : avez-vous réalisé De père en FIV a posteriori, lorsque les événements étaient passés ou bien au fur et à mesure de votre parcours, comme un journal ?

William Roy : j’ai commencé à dessiner cette histoire quelques mois après l’annonce de mon infertilité, en novembre 2009, d’abord sous la forme d’un journal illustré dans lequel je racontais différentes anecdotes au fur et à mesure de notre parcours de FIV.
Puis, lors de ma rencontre avec la maison d’édition, La Boîte à Bulles, j’ai dû modifier ma façon de travailler, et la forme a quelque peu évolué. Il y a beaucoup d’éléments traités “à chaud”, car le dessin était une soupape face à la difficulté des épreuves, et d’autres passages ont été retravaillés par la suite, avec un peu plus de recul. J’ai terminé la dernière planche en octobre 2013, soit quelques semaines avant la naissance de mon fils !

BDCAF’MAG : si votre histoire n’avait pas connu une fin heureuse, auriez-vous quand même fait cet album ?

William Roy : en fait, à partir de mon engagement vis-à-vis de la Boîte à Bulles, j’ai décidé d’une fin pour le bouquin. J’ai bien sûr continué à suivre le cours des évènements pour avoir un discours cohérent, mais j’avais pris la décision d’une fin à laquelle je me tiendrai quoiqu’il arrive. Je crois que ça me rassurait de préserver une part d’intimité sur ma propre histoire en romançant le dénouement. Il s’avère que la réalité a rejoint la fiction et que les choses se sont déroulées quasiment de la façon que j’avais imaginée !

BDCAF’MAG : j’imagine que votre épouse était d’accord pour que vous racontiez votre histoire ? De quelle manière est-elle intervenue dans la réalisation de votre album ?

William Roy : j’avais une réticence au départ à l’idée de mettre “à nu” d’autres personnes que moi. Mais mon épouse a tout de suite accepté d’être présente dans l’histoire, car c’est avant tout l’épreuve d’un couple. Je lui soumettais les idées, la façon dont j’allais raconter tel ou tel moment, pour être sûr que ça ne lui pose pas de problème. Elle a été ma première lectrice et m’a toujours fait confiance. C’était précieux.

BDCAF’MAG : qu’est-ce qui a été le plus difficile dans la réalisation de l’album ?

William Roy : justement cette pudeur, et la peur de se mettre en position de faiblesse en livrant trop de choses. C’est pour ça que j’ai changé les noms des personnes, y compris ceux de ma femme et moi. Bon, pas de beaucoup, mais ça a suffi pour me dissocier mentalement du personnage principal !
Sinon, techniquement, comme c’est la première fois que je me lance là-dedans, j’ai dû faire face à pas mal de contraintes, et aussi à la solitude du dessinateur de BD : on n’a pas de retour direct sur son travail, et personne avec qui échanger. C’est dur parfois de rester seul avec ses doutes ! Le bon côté c’est que je pouvais écouter énormément de musique en travaillant, et j’ai découvert plein de nouveaux albums !

BDCAF’MAG : le récit autobiographique n’est pas facile, comment avez-vous fait pour vous en sortir aussi bien ? Quelles étaient les limites que vous vous étiez fixées ?

William Roy : l’emploi de patronymes différents m’a vraiment aidé à considérer les personnages comme des héros de fiction. Je pense que les limites qui se sont imposées étaient celles de la pudeur et de la décence. Surtout pour les autres personnes exposées. J’ai vraiment essayé de garder un maximum de recul, et souvent d’autodérision sur les choses, pour que ça ne soit jamais de l’apitoiement ou de la démonstration clinique.

BDCAF’MAG : n’est-ce pas compliqué de se dessiner soi-même ?

William Roy : pas vraiment... Là aussi je me suis assez vite détaché du personnage. J’en ai profité pour me dessiner plus mince et me rajouter des cheveux, donc physiquement, ce n’était plus tout à fait moi sur le papier !

BDCAF’MAG : que retenez-vous de ce parcours ? Pensez-vous que vous avez eu de la chance ?

William Roy : même si je le dédramatise souvent dans le livre, ça a parfois été très éprouvant. 4 ans de tentatives quand même ! Il faut vraiment être soudés pour sortir indemnes de ce yoyo émotionnel. Ça s’est très bien terminé pour nous à la 4e tentative. Je ne sais pas si on peut parler de chance. Bien sûr, ça a été plus rapide que pour d’autres couples, et sûrement moins que pour d’autres. Je pense surtout qu’il ne faut rien lâcher, ne pas perdre espoir, et ça finit toujours par payer ! Mais il faut trouver son équilibre là-dedans pour tenir la distance.

BDCAF’MAG : même si cela reste discret dans votre récit, vous relatez très bien la pression sociale des amis, de la famille qui attendent forcément l’arrivée d’un bébé... De quelle manière expliquez-vous cette pression sociale ?

William Roy : bah, je pense que c’est culturellement admis comme la norme d’avoir un enfant à partir d’un certain âge. Mais la pression ne venait pas de l’entourage (en tous cas pour nous). C’était nous-mêmes qui nous la mettions. C’était dur de voir la vie continuer chez les autres quand on a l’impression de stagner à un niveau sans pouvoir construire plus. Tous nos amis, et notre famille, ont été supers, et nous ont vraiment soutenus, mais on ne peut pas s’empêcher de se sentir en marge, à force d’échecs.

BDCAF’MAG : le récit est factuel, vous avez évité le pathos, il y a même de l’humour, pensez-vous que l’humour peut aider à traverser les épreuves de la vie ?

William Roy : c’est en tout cas ma façon de fonctionner: j’ai toujours dédramatisé les coups durs grâce à l’humour. Et puis j’ai voulu témoigner de la réalité de beaucoup de gens, et non les apitoyer sur mon triste sort, cela n’aurait pas fait une histoire très intéressante. J’espère que les gens confrontés au même problème s’y reconnaîtront un peu, mais j’aimerais aussi beaucoup que des gens qui n’ont pas de problème à concevoir puissent s’identifier à cette histoire. Et pour ça il me semble vraiment que le livre se doit d’être drôle et divertissant.

BDCAF’MAG : qu’avez-vous envie de dire aux couples qui désirent un enfant et qui ne peuvent pas en avoir naturellement ?

William Roy : faire confiance à la médecine, et s’accrocher. Je crois que tout est possible à présent.

BDCAF’MAG : qu’aimeriez-vous que l’on dise de votre album ?

William Roy : j’aimerais que les gens passent un bon et divertissant moment, en ayant appris 2/3 trucs au passage. Et puis j’espère que la parole va se débloquer, car il y a encore un vrai tabou sur l’infertilité masculine, et que d’autres témoignages vont s’ajouter au mien.

BDCAF’MAG : quels sont vos projets BD ?

William Roy : à vrai dire, je ne suis pas du tout dessinateur de métier, mais monteur et réalisateur de documentaires. Bon, le virus m’a quand même pris, et je pense faire d’autres bouquins. J’ai vaguement en tête un projet de biographie dessinée d’une actrice hollywoodienne des années 40, ainsi qu’un projet de fiction “à suspense”. Plus rien à voir avec la FIV ! J’ai tourné la page. Peut-être l’aventure de la paternité me donnera envie d’écrire, mais là, pour le coup, il existe déjà beaucoup de témoignages souvent géniaux !