La boite à bulles - librairie de bandes dessinées
   
Bast
   
 
 
-
  Né en 1974, ce Bordelais a débuté dans la bande dessinée en publiant 4 ouvrages pour les éditions du Cycliste (Entraves, Le Chocolat magique, Le Gardien de la tour, Le gardien du zoo) et en participant à de nombreux ouvrages collectifs des éditions Petit à Petit (puis éditions Fetjaine) tels que Michael Jackson, Jimi Hendrix, Kama Sutra, The Rolling Stones, La Mythologie grecque ou Indochine.

Pour les éditions Sangam, il a conçu et réalisé avec Matyo (et Emmel) deux volumes d’Historiettes (Bordeaux puis Bordeaux et Gironde). Toujours sur des scénarios de Matyo, il dessine trois tomes de la série En plein dans le mythe (Les Débuts de Jésus, Les Débuts d’Eve, Les Débuts de Moïse) pour les éditions Soleil. Il publie également des pages BD depuis plusieurs années dans le magazine Lanfeust Mag.

Animateur d'un atelier de bande dessinée dans le quartier pour mineurs de la Maison d’arrêt de Gradignan pendant quatre ans, il raconte son expérience dans un témoignage intitulé En chienneté paru en 2013 à La Boîte à Bulles.

Avec Doigts d'honneur, il confirme sa volonté de s'engager dans des récits plus militants, qui abordent notamment la question de la dignité humaine.
 
 
Liens de l'auteur


> Interview de Bast sur BD Sanctuary

> Interview de Bast dans La Vie des livres

> Interview de Bast par RageMag

> Interview de BAST par Yaneck Chareyre, "Les Chroniques de l'invisible"

> Interview sur la radio charentaise Attitude à l'occasion du Festival de la BD

> Interview dans Optiks Magazine (en espagnol)


Coup de coeur de l'auteur

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

> En chienneté - Tentative d’évasion artistique en milieu carcéral
> Doigts d'honneur



> Entraves (Le Cycliste)
> Le Chocolat Magique (Le Cycliste)
> Le Gardien de la tour (Le Cycliste)
> Le Gardien du zoo (Le Cycliste)
> Mickael Jackson (Petit à Petit)
> The Rolling Stones (Petit à Petit)
> Jimi Hendrix (Petit à Petit)
> Kama Sutra (Petit à Petit)
> La Mythologie grecque (Petit à Petit)
> Indochine (Petit à Petit)
> Historiettes T (Sangam)
> Historiettes T (Sangam)
> En plein dans le mythe T1 (Soleil)
> En plein dans le mythe T2 (Soleil)
> En plein dans le mythe T3 (Soleil)

Images bonus



Revue de presse
 
20 minutes Bordeaux #2401 par Simon Barthelemy

Des Bulles entre les barreaux

Bast, 39 ans, s’est retrouvé à « un carrefour de routes brisées » en animant un atelier pour des mineurs incarcérés à Gradignan. Contacté par la maison d’arrêt, ce dessinateur bordelais leur a appris la BD, une heure par semaine, de 2003 à 2007. Il retrace cette expérience dans un album de bande dessinée, paru à La Boîte à Bulles, et présenté cette année au festival d’Angoulême, En chienneté. «Je cherchais une façon d’aider, et c’était une manière d’aller voir de l’autre côté des murs», raconte ce professeur de l’Ecole des métiers de l’image (Esmi). La tentative a paru à Bast un peu « vaine, déconnectée de leurs préoccupations. Mais elle les sortait de leur cellule. Mon livre est d’ailleurs sous-titré “tentative d’évasion artistique en milieu carcéral.” Quand je le leur ai dit, un détenu m’a demandé : “On prend combien pour ça ?” »

De Gradignan à Amnesty

Le titre, néologisme d’un de ses élèves, évoque la « violence du système, mais aussi de la microsociété recréée par les détenus, selon la loi du plus fort » : cicatrices fièrement arborées, langage fleuri, haine des « pointeurs » (condamnés pour affaire de moeurs)... En croquant quelques scènes d’ateliers, Bast restitue une ambiance, souvent drôle – des « loulous » qui aiment surtout dessiner des femmes à poil ou des armes, mais inventent un personnage, « Super détenu ». Parfois pathétique : il dessine une fleur à un détenu pour qu’il puisse l’offrir à sa fiancée. « Je n’avais pas le droit de leur poser de questions, mais la plupart étaient là pour des délits mineurs – vols, deal de shit... – et ne restaient pas longtemps. Ces jeunes ont vieilli trop vite car ils ont morflé pendant tout leur parcours familial, même s’ils ont leur part de responsabilité. A 16 ans, moi je dessinais dans ma chambre... »
Evoquant au passage la surpopulation carcérale (600 détenus pour 407 places à Gradignan) ou les constructions de prisons privées, En chienneté est la première bande dessinée « sérieuse » de Bast. Il a réalisé une dizaine d’oeuvres humoristiques – la série « En plein dans le mythe », chez Soleil, raconte par exemple les tentatives ratées de Jésus avant de réussir un miracle. Mais le Bordelais, qui ne peut vivre de son seul crayon, s’engage désormais dans une veine plus politique : il travaille sur une BD pour Amnesty International.

 
Le Blog de Noukette par Framboise

Pourquoi avoir fait une BD sur un tel sujet ?
Je n'ai pas vraiment d'explication sur le choix du sujet de Doigts d'honneur. Lorsque ma maison d'édition m'a proposé de travailler sur un nouveau concept de BD reportage avec Amnesty international, je n'ai pas hésité une seconde. Je venais de finir mon précédent album En chienneté et j'étais dans un « élan social ». En ayant accès à tous les dossiers d'Amnesty pour choisir le sujet, je suis tombé sur le cas d'Azza Suleiman, une égyptienne qui s'était faite tabasser par la police égyptienne. La gratuité de cette violence m'a choqué et il fallait que je m'empare de cette histoire pour la transmettre à mon tour aux autres par le dessin. En étudiant le dossier Azza, je me suis rendu compte que le sujet était vaste et mettait en lumière beaucoup de dérives de la société égyptienne. J'ai fait appel à un scénariste pour m'aider à traiter ce sujet difficile...

Pourquoi le choix d'une histoire de femme/de combat de femmes ?
En creusant, nous avons découvert une seconde lecture de l'actualité égyptienne, totalement méconnue des médias. Le harcèlement sexuel des femmes en Égypte, ce sont de très nombreux phénomènes qui s'entremêlent (viols sur Tahrir, agressions verbales dans la rue, excision, tests de virginité, attouchements dans les transports, sans oublier, donc les martyrs comme celui d'Azza) avec en commun un sentiment d'impunité quasi-total des coupables, du fait du peu de prises de position des pouvoirs et du manque de plaintes déposées (pression familiale et freins de la police). Avec Ferenc, nous sommes sensibles au principe d'égalité Homme/Femme. Nous soutenons les combats des femmes quelles qu'elles soient, nous n'acceptons pas le fait qu'un être en domine un autre...

Pourquoi cet angle d'approche (docu-fiction, si on peut le définir ainsi ?) ?
Le principe du docu-fiction nous semblait le plus approprié pour parler de ce sujet. Il y avait beaucoup de données techniques à transmettre, des faits concrets, des chiffres, une réalité tellement crue qu'il aurait été dommage d'inventer une histoire de toute pièce. Notre stupéfaction de départ provient justement d'une vidéo amateur qui nous percute, nous gifle, nous sonne. Cette réalité là devait être conservée à tout pris. Et pour faire lien, nous avons concédé une trame de fiction et un personnage imaginaire qui cristallise toutes les femmes du pays. Nous avons essayé de revêtir le costume de journalistes avec ses codes et son éthique...

J'ai lu : « Avec Doigts d?honneur, il confirme sa volonté de s'engager dans des récits plus militants, qui abordent notamment la question de la dignité humaine. » Est-ce que vous vous définissez comme un auteur engagé ?
Je ne sais pas trop ce que veux dire « engagé » en fait. S'il s'agit de défendre des causes, éclairer et dénoncer des situations absurdes, intolérables, inhumaines, alors, oui, j'en suis un ! Mais je trouve ça paradoxal de devoir rajouter le terme « engagé » au mot auteur alors qu'on devrait tous l'être de facto. Je m'émeus facilement de situations inacceptables et j'aime à penser que tout le monde en fait de même...

Qu'est-ce que pour vous l'engagement et le militantisme ?
Je ne suis spécialiste de rien en définitive. Je n'ai pas de connaissances particulières en géopolitique, en économie, en ethnologie ou en psychologie. Je m'informe du monde qui m'entoure, le décrypte, l'analyse et le traduit à ma manière... avec mes deux outils : ma sensibilité et mon dessin ! Avec En Chienneté, je me suis rendu compte que le dessin était un langage puissant. J'ai appris à le manipuler, le sculpter, le rendre audible pour le mettre au service de discours louables et honorables. Si je peux éclairer avec ma production artistique ne serait-ce qu'une seule personne, alors oui, je me sens légitime ! Et c'est ça le militantisme : aider les autres et les faire grandir...
Lire la suite